Apprendre du Passé… 3

À quoi bon apprendre du passé pour préparer l’avenir ?

Ça ne sert de toute évidence à rien lorsqu’on voit ce qu’il s’est passé à Donetsk et au Donbass en Ukraine en 2014, et continue de se produire de manière sporadique.

Étrangement, c’est assez similaire, non quant aux causes, mais plutôt dans les effets, notamment pour les populations civiles, à l’éclatement de l’ex-Yougoslavie dont il est question dans les posts précédents.

Je suis donc tombé, totalement par hasard, sur Amazon Prime Video (y sera-t-il encore au moment où vous lirez ces lignes ?), sur le documentaire « A Sniper’s War » (2018) de la new-yorkaise Olya Schechter, qui témoigne de la vie quotidienne d’un sniper serbe venu aider ses frères de la République Populaire de Donetsk (sécessioniste, autoproclamée et soutenue par la Russie) à lutter contre les Ukrainiens et l’OTAN, une guerre, une véritable guerre, à nos portes, avec son lot de bombardements, de morts, de civils qui tentent de survivre, et bien sûr de snipers, une guerre dont on n’entend pour ainsi dire pas parler ici dans les médias mainstream, plus occupés qu’ils sont à commenter les théories du complot des antivax ou à mesurer la hauteur des crop-tops des lycéennes.


À voir absolument, histoire d’avoir un aperçu de ce qui pourrait bien nous advenir d’ici peu, ou au moins de prendre conscience de ce qui se joue à quelques dizaines d’heures de trajet en voiture de chez nous, et de constater que le réel est rarement aussi monochromatiquement blanc ou noir que ne voudraient nous le faire croire les propagandes des deux bords.

Car, fait remarquable, la documentariste américaine suit un rebelle pro-russe et ne cherche absolument pas à le pointer du doigt comme « le méchant » ni à le caricaturer.

On notera par ailleurs que, quoi qu’on essaie de nous faire croire en haut lieu au niveau de la guerre technologique, des drones et des robots, ça se termine dans les faits toujours par des pauvres types sales, dépenaillés et brisés pataugeant au fond d’une tranchée ou terrés dans un immeuble en ruine, avec du matériel basique, de la bouffe de merde et une maigre poignée de munitions, à cette différence près par rapport aux conflits anciens qu’aujourd’hui, les soldats des deux camps s’insultent aussi par le biais des réseaux sociaux avant de se tirer dessus sur le terrain… c’est sans doute cela, la modernité.

PS : pour ceux que ça intéresse, le documentaire est disponible sur Youtube… pour combien de temps ?

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