La Fée Électricité

Comment, aujourd’hui, nous passer d’électricité ?
Toute notre vie, toute la société sont basées sur cette énergie extraordinaire ! Mais il arrive que, parfois, celle-ci vienne à manquer.

Dérèglement climatique oblige, les catastrophes « naturelles » se font plus nombreuses, plus fréquentes et plus violentes, causant des dommages de plus en plus importants aux habitations et infrastructures.
Chaque année, en France, des dizaines de milliers de foyers se retrouvent sans électricité durant 24, 48, 72 heures, parfois plus, souvent durant la période hivernale.
C’est de ces grosses coupures que nous allons parler dans cet article.

NOTE : amis pauvres qui vivez dans une chambre de bonne au 5e étage sans ascenseur, ayez une pensée émue et compatissante pour tous les riches qui ont un loft luxueux avec toit-terrasse au 20e étage d’une tour.

Pas d’électricité, ça signifie potentiellement :
pas de chauffage ;
pas de moyen de cuisson des repas ;
pas d’éclairage ;
pas de moyen de communication ;
pas de réfrigération / congélation des aliments ;
et accessoirement (bien que ce ne soit pas si négligeable ou anecdotique que ça en a l’air) pas de loisirs (pas d’internet, pas de TV, pas de jeux vidéo).
Pire, selon le cas, ça peut aussi signifier : pas d’eau courante.

Pour une panne de quelques heures, ça n’est pas bien grave : on prend son mal en patience, et voilà.
Mais dès qu’on dépasse les 24 heures, ça devient compliqué à gérer et très inconfortable, ce dont nous n’avons absolument plus l’habitude.

Selon que vous serez urbain ou rural, votre condition et vos réponses à la situation seront bien évidemment différentes. Il est évident que si vous vivez dans un appartement de 30 m², vous n’aurez guère de solutions à apporter. Ce qui ne veut pas non plus dire que vous en êtes totalement dépourvu.

Ce qui suit est un petit guide rapide de choses à prévoir (en amont, donc !) en cas de panne prolongée d’électricité pour ne pas vous retrouver dans le dénuement le plus complet, voire obligé d’évacuer votre domicile.
Peut-être trouverez-vous que tout ce qui suit tombe sous le sens. C’est exact. Malheureusement, de nos jours, l’évidence et le bon sens n’ont plus toujours cours et il n’est jamais mauvais de reprendre les choses à la base.
Dont acte.

-1- LE CHAUFFAGE 🔥


L’hiver, il fait froid. Certes, de moins en moins, réchauffement climatique oblige. Mais ça n’empêche pas la température de descendre à des niveaux au mieux désagréables, au pire dangereux, voire mortels.
Si votre habitation est équipée de convecteurs électriques ou d’une pompe à chaleur ou d’une chaudière à fioul ou à gaz, la panne d’électricité vous laissera dans le froid. Dites-vous alors que vous êtes toujours mieux loti que les SDF qui, eux, de surcroît, n’ont pas de maison pour s’abriter du vent ou de la pluie. Mais ce réconfort cynique sera de courte durée.
Plusieurs solutions de fortune s’offrent à vous :
la cheminée à feu de bois ou le poêle à bois/charbon/pétrole : c’est le plus efficace, mais encore faut-il que votre domicile soit équipé (appareil en bon état, tubage, plusieurs stères de combustible en stock).

couper du bois, ça réchauffe, donc pas besoin de faire de feu, donc pas besoin de couper du bois !

les petits appareils de chauffage mobiles (à gaz ou à pétrole) : ce sont des chauffages d’appoint, mais assez efficaces, même s’ils ont tendance à beaucoup consommer pour leur rendement. Inconvénient majeur : ils produisent des gaz de combustion qui ne sont pas évacués à l’extérieur et peuvent être gênants (odeur) voire dangereux (monoxyde de carbone). Ils dégagent aussi de la vapeur d’eau, laquelle tend à humidifier les pièces, les meubles, les tissus, etc.

la cuisinière à gaz, à bois, à charbon ou à fioul : en dernier recours, si vous n’avez rien d’autre sous la main, vous pouvez allumer les feux et le four de la cuisinière, si celle-ci n’est pas électrique.

Dans tous les cas, si vous utilisez un moyen de chauffage à combustion sur une longue durée, pensez à aérer les pièces, et faites-le fréquemment si les gaz de combustion ne sont pas évacués à l’extérieur par un conduit. Pensez aussi à vous procurer (si ce n’est déjà fait) un ou plusieurs extincteurs !
Si vous n’avez rien de tout ce qui précède, ne négligez pas non plus le pouvoir de chauffe des bougies, notamment dans de petits espaces.
Enfin, s’il fait vraiment froid, fermez doubles-rideaux et volets, ainsi que les portes intérieures : il vaut mieux être dans l’obscurité et gagner un degré que le contraire. Et pensez à faire isoler votre domicile sitôt que vous serez sorti de cette galère !

-2- LA CUISINE 🥣

Vous grelottez chez vous, dans le noir… Ou simplement vous avez envie d’un bon café ou d’une bonne soupe pour vous remonter le moral ! Et de regarder votre plaque à induction, votre cafetière à capsules et votre bouilloire électrique, une larmichette dans l’œil…
Quelqu’un d’un minimum prévoyant multiplie les configurations, pour pouvoir passer d’un appareil à l’autre, d’une solution à l’autre, selon les besoins.
on peut très bien avoir une plaque chauffante électrique (à induction ou non) et aussi une bonne vieille gazinière, qu’on allumera avec des allumettes (l’allumage piézo intégré nécessitant le plus souvent une alimentation électrique).

Qui a encore la « grosse boîte » d’allumettes à proximité de la gazinière ?

si on n’a pas la place de multiplier les gros appareils, on peut aussi avoir, dans un coin de placard, une plaque à gaz deux feux « d’étudiant », voire le mini-réchaud de camping à cartouches.

si vous avez une cheminée ou un insert, vous pouvez y faire cuire vos aliments ou y chauffer de l’eau, en faisant toutefois attention au type d’ustensiles que vous utilisez, ceux-ci étant rarement faits pour aller « au feu » à ces températures et au contact direct de la braise. Privilégiez les poêles et marmites en fonte brute ou en inox, sans revêtement antiadhésif ni fond multicouche.

concernant l’entretien et l’utilisation de plats en fonte, je ne peux que vous recommander l’excellente chaîne Youtube de Cowboy Kent Rollins (cliquez sur l’image)

les moyens du bord : le réchaud à alcool de l’ensemble pour fondue bourguignonne qu’on vous a offert un Noël et qui n’a jamais quitté le fond du buffet vous sauvera peut-être la vie. Idem pour ce sac de bougies chauffe-plat acheté 2 € sur un coup de tête dans une de ces boutiques de conneries.

en dernier recours, si vous avez un jardin, pensez à votre barbecue. Sinon, il vous reste encore l’option « feu de camp », à même le sol ou dans un braséro improvisé (bidon).

-3- L’ÉCLAIRAGE 🌞

Si l’été, les conséquences d’une panne d’électricité sur l’éclairage de votre domicile sont assez anecdotiques, il n’en va pas de même l’hiver, quand le soleil se lève tard le matin, que la journée est couverte de nuages plombés et que, tel qu’en Mordor ou dans le Pas-de-Calais, l’obscurité envahit le monde quasiment dès le milieu de l’après-midi.
Voir clair pour continuer ses activités les plus basiques devient alors indispensable. Dès lors, on se tournera évidemment vers les sources de lumières que l’humanité a toujours utilisées, à savoir :
les bougies : ça ne coûte rien, alors stockez-en ! tant que vous pourrez ! il y a régulièrement des offres intéressantes dans les magasins de déstockage, profitez-en pour faire le plein ! idem si vous fréquentez les vide-greniers, il n’est pas rare d’y trouver des gros, très gros cierges d’église à vil prix, pouvant vous éclairer des dizaines d’heures durant.

au vide-grenier du village d’à côté, j’ai obtenu ces quatre gros cierges pour la somme fabuleuse de 2 € ! j’ai vu la lumière !

Dites-vous que vous n’aurez jamais assez de bougies ! Et si possible, pensez aussi aux bougeoirs. Certes, vous pourrez toujours en improviser un avec une tasse, par exemple, mais un bon bougeoir fait pour est tout de même plus pratique. Pensez aussi « extérieur » en ayant sous la main une lampe-tempête à bougie, qui vous permettra de vous déplacer dehors sans que la première petite brise de rien vienne éteindre votre chandelle.
ATTENTION : si vous achetez des bougies de déstockage, vérifiez qu’elles ne sont pas parfumées à je ne sais quelle fragrance de synthèse qui vous prendra la tête au bout de quelques heures et finira par vous filer la gerbe.

les lampes à pétrole : n’en déplaise à not’ bon Roi, la lampe à pétrole est d’une efficacité redoutable et apporte une lumière bien plus forte que n’importe quelle bougie.

dessin de Tommy

On trouve des lampes à pétrole neuves et chinoises, de piètre qualité (mais c’est mieux que rien) dans les boutiques en ligne qui ne payent pas leurs impôts en France, mais aussi de « vraies » lampes, encore utilisées quotidiennement il y a un siècle, dans les brocantes et vide-greniers. Qui plus est, ce sont de très jolis objets de décoration, si on aime les objets anciens.

Inconvénient majeur : la fragilité du verre à lampe, et d’ailleurs de l’ensemble tout entier, d’autant qu’on a ici un réservoir de carburant particulièrement inflammable qui peut contenir, selon les modèles, jusqu’à un demi-litre !
ATTENTION : pour les deux types d’éclairages qui précèdent, n’oubliez jamais qu’il s’agit de FEU ! Vous devrez donc retrouver les réflexes de nos ancêtres en faisant très attention à l’endroit où vous les posez, sans quoi, au désagrément de la panne d’électricité, vous devrez ajouter la perte de votre habitation par l’incendie.
les lampes et lanternes à piles et batteries : il existe de nos jours des systèmes d’éclairage électriques performants ne nécessitant pas d’être branchés sur le secteur, du moins pas en permanence, fonctionnant soit avec des piles classiques (rechargeables ou non), soit avec des batteries rechargeables Lithium ion (souvent de format 18650).

Beaucoup plus intéressantes que la célèbre (mais totalement dépassée) « pile électrique Wonder » (prononcer « Vondair ») que tous les foyers possédaient dans les années 70-80, ces lampes à LED permettent d’obtenir une luminosité diffuse et douce pour un éclairage « d’ambiance », assez proche de celui d’une lampe à pétrole, ou au contraire particulièrement vif (plusieurs centaines de Lumens) si l’on a besoin d’un éclairage fort, en extérieur par exemple.

Les magasins de bricolage ou de camping en proposent régulièrement à des prix tout à fait abordables. On ne négligera pas non plus de s’équiper en lampes-torches et en lampes frontales, toujours en rechargeable (ou à piles rechargeables).
si vous êtes une buse totale en matière de prévoyance et que vous n’avez aucun des matériels décrits ci-dessus, et que vous ne pouvez vous déplacer jusque la zone commerciale la plus proche, il vous reste toujours la débrouille : une boîte de conserve, de l’huile alimentaire, une mèche faite d’un bout de tissu en coton (100 % coton ! pas de synthétique !!!) et hop ! le tour est joué, vous avez une lampe à huile (si toutefois vous avez un briquet ou des allumettes).

-4- LA CONSERVATION DES ALIMENTS

Pas d’électricité, pas de frigo ni de congélo.
Si c’est l’hiver, c’est évidemment moins gênant, le froid ambiant remplacera très bien votre réfrigérateur, voire votre congélateur si vous vivez en montagne ou dans une région proche du cercle arctique (coucou, la Laponie !).
Au mois de juillet, en plein cagnard, c’est tout de suite plus problématique.
Dès lors, la solution la plus simple pour ne pas perdre toutes vos victuailles, c’est de transformer et stériliser !
Pour cela, il vous faudra une cuisinière (cf. chapitre 2), un stérilisateur (non électrique ! suivez, un peu !), des bocaux en nombre suffisant (avec leurs caoutchoucs) et beaucoup d’huile de coude et de sueur de front. Certes, c’est un investissement. Mais on n’a rien sans rien.

N’oubliez pas une chose : en cas de panne d’électricité massive, bon nombre de magasins resteront fermés ! Ne comptez donc pas faire des emplettes de matériel à la dernière seconde !
Une partie de la viande pourra aussi être salée, ou fumée, ou les deux.
Bon nombre de légumes peuvent aussi être lactofermentés : vous les mettez en bocaux dans une saumure d’eau non chlorée à 3 % de sel de Guérande et vous les oubliez. Oui, c’est aussi simple que ça. Enfin, non. Mais sur le principe, oui.
Vous vous en doutez : pour bien réaliser ces préparations, que ce soit la stérilisation ou la lactofermentation, il vaut mieux s’informer et s’y essayer aussi AVANT d’en avoir urgemment besoin !
Vous pourriez aussi avoir besoin de redécouvrir l’usage d’un garde-manger, armoire de taille variable, aux ouvertures entièrement grillagées d’un treillis à très fines mailles métalliques, permettant une circulation d’air sans laisser passer les insectes ni les rongeurs. Disposé dans une pièce fraîche, une cave pas trop humide par exemple, ce garde-manger vous sera rapidement indispensable et permettra, en temps normal, d’y affiner fromages et charcuteries.

Et si vous êtes breton et que vous ne pouvez vraiment pas vous passer de votre motte de beurre, vous pourrez toujours opter pour le « beurrier breton » (principe de la cloche à eau). Vous pourrez même transmuter de la graisse lactique douce de Normandie ou du Poitou-Charentes en véritable beurre breton par l’utilisation d’eau de mer en lieu et place d’eau douce.

—————————
NOTE : Un petit conseil pratique en passant au sujet des congélateurs : si vous vous absentez quelques jours de chez vous et que survient une panne d’électricité, le contenu de vos congélos risque de retrouver une température trop haute et de devenir impropre à la consommation. Or, lorsque l’électricité sera rétablie, vos aliments seront recongelés et à votre retour, vous n’y verrez sans doute que du feu. Alors, comment savoir s’il y a eu une coupure et si celle-ci a eu une incidence sur le contenu de vos congélateurs ? C’est simple. Prenez un pot de yaourt vide (ou n’importe quel récipient de petite taille un peu flexible), remplissez le d’eau froide et mettez-le au congélateur. Lorsque l’eau est totalement gelée dans le pot, posez à la surface une pièce d’un centime (ou n’importe quoi d’autre faisant un peu de poids et ne flottant pas). Absentez-vous 3 jours, une semaine, quinze jours, deux mois, un an… À votre retour, regardez votre pot de yaourt. Si la pièce est au fond du pot, ça signifie que l’eau a fondu et que la pièce a coulé. C’est donc que tout le contenu du congélateur a eu le temps de dégeler et est bon à jeter.

—————————

-5- LA COMMUNICATION

Nan mais allô, quoi !

Pour rappel, nous parlons ici d’une panne d’électricité massive et de « longue durée », pas juste d’une ligne tombée avec 3 maisons concernées.
Dans cette configuration, il y a fort à parier que vous n’aurez plus de réseau téléphonique, ni fixe ni mobile.
Donc adieu smartphone, adieu internet !

Votre télévision ne fonctionnera pas davantage : pour vous tenir au courant (hahaha !) des informations, s’il y en a, vous devrez donc vous rabattre sur la bonne vieille radio FM à piles. Dans une moindre mesure, vous pourrez aussi utiliser la fonction radio FM de votre téléphone mobile (avec un kit main libre filaire en guise d’antenne), mais je vous le déconseille si vous avez une autre option. Votre smartphone pouvant avoir d’autres usages (GPS par exemple), inutile de réduire l’autonomie de sa batterie pour ça.

Quant à maintenir le contact avec vos proches (même si ces proches sont éloignés), sauf à ce que vous ayez une formation – et une licence ainsi que le matériel ad hoc – de radio-amateur, oubliez.
Par contre, pour gérer le quotidien, si les membres de votre famille sont amenés à se déplacer dans un petit rayon (3 km, à la louche), vous pouvez utiliser des talkie-walkies, même assez basiques. On en trouve par paire pour une trentaine d’euros, et ils fonctionnent très bien et sont simples à utiliser, contrairement aux radios UHF, comme le célèbre Baofeng UV5R cher aux survivalistes, qui nécessitera d’y passer de longues heures pour une prise en main basique.

La bonne vieille CB (prononcez CiBi) peut aussi être une solution, mais qui nécessite un peu plus d’investissement en temps, en connaissances et en argent, pour un usage rarissime en temps normal. Je ne la conseille pas.
Enfin, si vous êtes fortuné, vous pouvez aussi vous tourner vers le téléphone satellitaire, mais on va dire que la frange de population concernée est ultra-minoritaire.

-6- LES LOISIRS 🎱

Vous n’aurez plus accès à vos séries préférées, mais vous pourrez toujours jouer aux échecs !

Quelle drôle d’idée que de parler de loisirs au moment où vous affrontez une situation de catastrophe !
Pas tant que cela. Avec un peu de chance, votre maison n’a rien, vous non plus, ni vos proches, et tout ce que vous avez à faire, c’est… attendre !
Déjà, l’ennui vous guette. Et il n’est de pire ennemi pour le moral que l’ennui.
Sans parler de vos enfants : adieu console de jeu, smartphone, tablette, adieu Netflix, adieu Fortnite, adieu TikTok ! et pour vous, adieu Facebook, Twitter, Instagram !
Oui, ça y est, cette fois-ci c’est la bonne, c’est Ragnarök, Armageddon ! Ne manquent que les quatre cavaliers de l’Apocalypse, que vous prierez de bien vouloir vite mettre un terme à vos souffrances lorsque vos charmants bambins, après avoir passé deux heures à ne « rien » faire, auront enfin compris que non, l’électricité ne reviendra pas de sitôt.

ATTENTION ! environnement sonore à plus de 200 db ! protections auditives requises 🎧

Alors oui, dans ces cas désespérés, tout est bon : on sort le jeu de cartes, la paire de dés, le Monopoly et peut-être même le Mille Bornes… bref tous ces jeux qui prenaient la poussière dans un carton oublié depuis vos huit ans, tous délicieusement surannés et un poil has been de nos jours, mais qui vous sauveront la mise lorsque viendra la Grande Catastrophe !
N’oubliez pas non plus le plateau réversible, dames d’un côté, échecs de l’autre, et le petit livret avec les règles de quelques jeux simples.
Un bon vieux ballon, de foot, de basket, de hand, voire une bête balle de tennis, pourra aussi vous permettre de passer de bons moments avec vos proches, si la météo le permet.

Vous êtes un être de solitude et n’avez ni enfant ni conjoint ni parents ni amis ? Qu’à cela ne tienne : un jeu de cartes vous permettra de perdre énormément de temps en faisant des réussites (aussi appelées patiences).
Tout cela ne coûte quasiment rien, prend à peine de place et pourra, le cas échéant, vous permettre de prendre votre mal en patience, voire de rire un peu à plusieurs.

-7- L’EAU 💧

Que d’eau ! Que d’eau !

Si la panne d’électricité est conséquente, cela peut avoir un impact sur l’alimentation du réseau d’eau : pas de pompes, donc pas d’eau prélevée dans les nappes ou aux points de captages, ni d’eau envoyée dans les châteaux d’eau.
Et pas d’eau courante, ça veut dire pas de boissons (café, thé, tisanes, eau aromatisée au sirop), mais aussi beaucoup moins de cuisine (essayez donc de faire cuire des pâtes sans eau !), pas de douche ni de brossage de dents ni de lavage de mains (il vous reste du gel hydro-alcoolique ?) et… pas de chasse d’eau ! Gloups…
Bien évidemment, en théorie, l’état et les collectivités locales approvisionneront les familles en eau. En théorie. Et au bout de combien de temps ? Et dans quelles conditions ?
Il serait donc bon que vous ayez à disposition ou une source alternative (puits, source, récupérateur d’eau de pluie… ne dépendant pas de l’électricité) et un filtre ad hoc, cette eau n’étant peut-être pas directement potable.
Si ce n’est pas possible, essayez d’avoir un stock minimal d’une semaine d’eau, à raison d’un strict minimum de 2 litres par personne et par jour (c’est vraiment le minimum du minimum). Pour un couple, ça veut dire 28 litres d’eau en bouteilles ou en bidons. Vous prendrez soin de faire tourner ces stocks, l’eau ne se conservant qu’assez moyennement bien.

-8- L’ÉLECTRICITÉ HORS RÉSEAU

Une panne du réseau électrique signifie-t-il forcément que vous êtes sans électricité ?
Non, car vous pouvez avoir prévu des moyens de production d’électricité autonomes, ou des batteries pour stocker cette électricité qui vous manque tant.
Attention toutefois : il faut savoir que mettre en place une configuration de production électrique qui viendra couvrir totalement votre consommation habituelle soit coûtera excessivement cher, soit impliquera que vous deviez modifier en profondeur votre mode de vie.

a) les piles et batteries

Une source alternative de courant sont les piles et batteries, qui permettent de stocker de l’électricité et d’utiliser celle-ci lorsqu’on en a besoin. Toutefois, ces objets sont très onéreux (si on en ramène le prix au kWh, c’est affolant !), encombrants, peu efficaces, potentiellement dangereux (risque d’enflammement et d’explosion) et au final, ne peuvent servir que de dépannage. Ce qui est précisément ce qu’on leur demande dans le cas présent ! Aussi convient-il d’avoir un petit stock de piles et de l’entretenir. Car piles et batteries se déchargent naturellement et il serait dommage que, le moment venu, alors que vous en avez un besoin peut-être vital, celles-ci vous fassent défaut faute d’en avoir vérifié la charge au préalable ! Un testeur de charge viendra donc utilement compléter votre stock de piles.

Ceci étant, si avoir des piles et batteries est impératif, il convient d’avoir des appareils fonctionnant avec celles-ci : si tous vos appareils fonctionnent sur secteur, le stock de piles et batteries est inutile.
Je ne saurai trop vous conseiller d’orienter vos achats, lorsque c’est possible, vers des appareils fonctionnant à la fois sur secteur et sur batteries. Dès lors, privilégiez les piles rechargeables. Et pensez à acquérir un chargeur de piles (voire plusieurs).
Concernant ceux-ci, prenez-en un qui puisse charger différents formats de piles et batteries : AA, AAA, 18650, etc.
Si vous en prenez plusieurs, multipliez les plateformes : chargement sur secteur (pour charger vos piles et batteries AVANT la panne) ou via câble USB.

Le terme « batterie », en français courant, recouvre bien des choses différentes : soit des objets assez petits qui s’utilisent comme des piles, mais qui fonctionnent selon d’autres réactions chimiques (Lithium ion le plus souvent), souvent dans des formats particuliers (la 18650 étant la plus courante), et avec des caractéristiques de rechargement particulières, soit des objets se connectant spécifiquement à certains appareils « sans fil » (et pas à d’autres), comme les batteries de perceuse, d’ordinateur portable, etc., soit à des objets volumineux et lourds comme les batteries au plomb des voitures, ou au gel (ou autre) pour les camping-cars ou les installations photovoltaïques. Il peut aussi enfin s’agir de batteries dites « externes » fonctionnant à l’aide de ports USB et servant à recharger les appareils informatiques (tablettes, smartphones).

Certaines de ces dernières batteries dites « externes » sont aussi dotées d’un panneau photovoltaïque intégré, ce qui permet de les recharger de façon autonome.

À vous de faire le tour de vos appareils, de voir quels sont ceux qui vous sont absolument indispensables et d’envisager soit de trouver un moyen de les alimenter en électricité à l’aide de batteries non dédiées, soit de les remplacer par d’autres appareils fonctionnant dès le départ sur batteries rechargeables. Vous prendrez soin d’avoir « du rechange » de façon à toujours avoir une batterie pleine lorsque celle que vous utilisez arrive en fin de charge.
Si vous vous constituez un parc de matériel fonctionnant ainsi à piles ou sur batteries, prévoyez large : un stock d’une centaine de piles rechargeables dans les deux formats les plus courants (AA et AAA) n’est pas aberrant du tout : si vous les entretenez bien, ces piles dureront des années et vous rendront d’éminents services. Idem pour les batteries 18650, qu’il est d’ailleurs possible de récupérer dans les appareils sans fil en panne. Il vous faudra par contre faire l’acquisition d’un chargeur spécifique.

b) l’énergie solaire

Oh ! qu’il est beau, qu’il est beau, mon panneau, qu’il est beau !

Je ne vais pas détailler ici les différents types de panneaux (mono ou polycristallins), leurs avantages et inconvénients, les matériels nécessaires et autres : il y a déjà pléthore de sites et de vidéos très bien faites sur le sujet.
Ce qu’il convient de faire, toutefois, c’est d’étudier le sujet et de voir ce que vous souhaitez mettre en place comme système par rapport à vos besoins réels… et à votre budget : car ce matériel coûte cher !
Une installation minimale vous permettant de recharger quelques appareils basiques et peu gourmands vous coûtera déjà plusieurs centaines d’euros. Couvrir l’intégralité de vos besoins énergétiques habituels se comptera en milliers, voire dizaines de milliers d’euros !
Au prix actuel du kWh, autant dire que vous ne rentabiliserez sans doute jamais cet investissement. Le but n’est pas la rentabilité, mais l’utilité en cas de coup dur.
De fait, en modifiant un peu son mode de vie, on peut très bien devenir autonome en électricité à l’aide d’une installation photovoltaïque individuelle. Dès lors, la panne globale du réseau électrique ne vous concerne plus… sauf si vous avez fait raccorder votre installation au réseau général pour bénéficier du rachat de votre surplus de production : la vénalité vous perdra ! Je vous le disais, la rentabilité n’est pas l’objectif.
Notez toutefois que les panneaux photovoltaïques ne sont pas éternels : leur productivité baisse régulièrement au fil des années, jusqu’à devenir trop faible pour être utile. La durée de vie moyenne d’un panneau de bonne qualité est de 25 à 30 ans. Mais ceux-ci sont aussi soumis aux aléas du climat : ils ne résisteront pas à un orage de grêlons gros comme des œufs, par exemple. Une installation au sol pourra aussi être emportée par une inondation ou une violente tempête.

installation photovoltaïque endommagée par une averse de grêlons de grande taille

N’oubliez pas non plus que, par essence (si je puis dire), l’énergie produite par ces panneaux est intermittente : la nuit, pas de production ! Et les jours gris et pluvieux, celle-ci sera bien moindre aussi. Et en cas de neige, les panneaux seront recouverts d’un blanc manteau très joli qui les mettra à l’arrêt. D’où aussi l’intérêt d’être connecté au réseau général, pour compenser toutes ces baisses ou arrêts de production.
Il existe une autre solution photovoltaïque, qu’on oublie souvent, alors qu’elle est bien pratique et très accessible : le mini-panneau mobile. Destiné au départ à la randonnée, ce sont de petits panneaux pliables de quelques dizaines de centimètres de long et de large, et qui permettent tout à fait de recharger de petits appareils (lampe, smartphone, batterie externe, piles rechargeables, etc.) pour un coût très modique. Je ne saurais trop vous conseiller d’en acquérir quelques uns : si leur capacité est très réduite, ils se révèlent toutefois au final bien utiles.

c) l’énergie éolienne

ça souffle un peu, non ?

Je n’entrerai pas dans le débat « pour ou contre les éoliennes », ce n’est pas ici le sujet, puisque nous traitons d’installations individuelles.
Sachez simplement que, pour un particulier, une installation éolienne a des inconvénients similaires à ceux du photovoltaïque (coût encore plus élevé qu’une installation photovoltaïque, production intermittente, matériel relativement fragile) et si les problématiques sont légèrement différentes (une éolienne peut produire la nuit ou par temps couvert), elles s’en approchent tout de même beaucoup (pas de vent = pas de production, trop de vent = pas de production non plus).

d) l’énergie pétrolière 😎
Lors d’un événement catastrophique – et une panne globale d’électricité en est un – les considérations écologiques et environnementales passent au second plan, a fortiori lorsqu’il en va de votre vie. Si vous avez besoin de conserver des médicaments au frais et que votre frigo est en rade faute d’électricité, vous allez faire en sorte que celui-ci refonctionne au plus vite, car il en va de votre santé, voire de votre vie.
De même, si vous produisez vous-même tout ou une grosse partie de votre nourriture, sans doute avez-vous plusieurs congélateurs pour la conserver dans le temps. Une panne d’électricité ruinerait vos stocks et pourrait vous plonger dans la disette.
Aux grands maux les grands remèdes : le groupe électrogène est votre ami !

Il est moche, il pue, il pollue, il fait un potin d’enfer, mais il est efficace, et même un modèle de base vous permettra de produire assez d’électricité pour faire fonctionner pas mal d’appareils.
Par contre, comme il fonctionne aux énergies fossiles (comprenez « à l’essence » ou « au diesel » selon le modèle), vous devrez lui donner à boire régulièrement, et il conviendra donc que vous ayez un minimum de stock en carburant. Or l’essence se conserve assez mal dans le temps (quelques mois, un an au maximum). Idéalement, vous devriez alors acquérir un générateur utilisant le même carburant que votre véhicule à moteur (sauf si vous êtes déjà passé à la voiture électrique… là, on ne peut plus rien pour vous). Ainsi, vous pourrez stocker du carburant pouvant servir indifféremment pour le groupe ou votre véhicule et faire une rotation dans vos stocks de manière à ne pas les conserver trop longtemps.
CONSEIL : pensez à en acheter un avec roulettes et poignée ; ces bestiaux pèsent un âne mort et les déplacer ne justifie pas qu’on s’y casse le dos.
ATTENTION : un groupe électrogène, à la base, c’est un moteur thermique, ce qui signifie qu’il y a un minimum d’entretien à effectuer régulièrement, même si ce ne sont pas des appareils fragiles.

e) la voiture 

Tels autant de Monsieur Jourdain, beaucoup d’entre vous possèdent déjà un groupe électrogène sans le savoir : vos voitures ! Les voitures transforment de l’essence en énergie dont une partie est stockée dans une batterie qui peut être utilisée dans l’habitacle grâce à la prise allume-cigare, ou dans les véhicules modernes, sur des ports USB. Ainsi, vous pourrez recharger bon nombre de petits appareils et de piles et batteries.
Ces mêmes véhicules disposent aussi généralement d’un autoradio qui vous permettra de vous tenir au courant des nouvelles.
Et au pire, si tout ce qui précède dans cet article ne vous a pas convaincu, ce véhicule vous permettra d’évacuer vers une zone géographique soit non touchée par la panne, soit plus clémente, soit où vous avez des proches qui pourront vous accueillir.
Mais dans ce cas, vous devriez au préalable consulter BOB. Bob ? Non : pas Bob. BOB !

-9- MA CONFIGURATION À MOI QUE J’AI 🤠

ATTENTION : il ne s’agit pas, dans ce chapitre, de dire « Voilà la configuration idéale que chacun doit avoir ! » Il s’agit de MA configuration, adaptée à MES besoins, MON environnement et MON budget. À vous, en vous basant sur tout ce qui précède, d’adapter VOTRE configuration à VOS besoins, VOTRE environnement et VOTRE budget.

  1. Chauffage
    La maison est chauffée quasi-exclusivement au bois à l’aide d’une cheminée à foyer fermé. Celle-ci permet de chauffer salle, salon, bureau et dans une moindre mesure la cuisine. Un chauffage électrique d’appoint est installé dans la chambre pour la saison froide. En cas de besoin, le bureau peut immédiatement être transformé en chambre et un poêle à bois peut être mis en route dans la cuisine.
  2. Cuisine
    Comme il y a de la place (la propriété est une ancienne exploitation agricole), il y a à disposition un four électrique, une plaque quatre feux à gaz, une gazinière (four + 4 feux), un « tripatte » (appareil à gaz servant principalement à la stérilisation des bocaux), un barbecue, la cheminée et le poêle de la cuisine (même si ce n’est pas sa fonction première). Bien évidemment, la batterie de cuisine comprend des ustensiles allant à la flamme (en fonte et en acier).

    le fameux « tripatte »
  3. Éclairage
    Un stock de plus de cent bougies de tailles diverses a été constitué, complété d’une bonne dizaine de bougeoirs et de quatre lanternes à bougie, six lampes à pétrole (avec 1 l de pétrole par lampe), une dizaine de lampes torches ou frontales soit directement rechargeables, soit fonctionnant à piles, une lanterne de camping solaire (mais rechargeable par USB si besoin), une lampe de bureau à batterie rechargeable par USB et une lampe d’ambiance fonctionnant sur 12 V.
  4. Conservation des aliments
    En temps normal, les aliments sont conservés dans 3 congélateurs et un frigo avec bloc congélation, mais aussi d’ores et déjà en bocaux stérilisés. Il y a donc tout l’équipement nécessaire pour stériliser (tripatte, stérilisateurs en zinc, bocaux divers avec leurs joints). Deux garde-manger grillagés permettent aussi la conservation et l’affinage de la charcuterie et des fromages hors d’atteinte des bestioles.
  5. Communication
    Deux radios FM fonctionnant sur secteur ou à piles, une troisième fonctionnant sur batterie ou à piles, quelques vieux smartphones rechargeables pouvant faire office de radio FM et un autoradio permettent de capter les informations. Quatre talkie-walkies, qui s’avèrent déjà parfois bien utiles en temps ordinaire, lorsqu’il faut courir après une génisse échappée ou simplement pour communiquer d’un bout à l’autre de la propriété sans hurler, viennent compléter l’ensemble.
  6. Loisirs
    Rien de particulier : cartes, dés, jeu d’échecs… et deux chiens qui ne demandent qu’à jouer ou se promener !
  7. L’eau
    Il n’y a ni source ni cours d’eau sur la propriété, mais la surface de toiture est conséquente (très !) et la pluviométrie bretonne suffisamment abondante (pour le moment) : 4 m³ de cuves permettront de voir venir. L’accès a un puits est aussi garanti. Bien évidemment, une potabilisation rigoureuse est indispensable (préfiltration, filtre Berkey, bouillage).
  8. L’électricité hors réseau
    Pour recharger la centaine de piles et batteries en stock, deux petites installations photovoltaïques séparées font parfaitement l’affaire ainsi que deux panneaux pliables de randonnée et une demi-douzaine de chargeurs, les uns en USB, les autres en prise standard (qui vont sur les convertisseurs des installations PV). 6 batteries externes, dont 3 équipées de panneau PV intégré, viennent compléter tout ça. Par ailleurs, un groupe électrogène de 300W pourra venir parer à l’urgence, notamment pour les congélateurs, en faisant un roulement.

NOTE : tous les produits dont les photographies sont présentes sur cet article ne sont là qu’à titre d’illustration. Je ne suis en aucun cas affilié aux marques qui les proposent, ne les recommande pas particulièrement et ne touche strictement rien sur leurs ventes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.